Il peut sembler paradoxal d'associer les mots icônes et Saint-Damien-de-Buckland. Le premier sens du mot icône est celui d'une « peinture religieuse sur bois, dans l'Église de rite chrétien oriental ». Pour plusieurs, ce mot a une connotation païenne puisqu'il réfère à un culte basé sur une image. Le Centre historique NDPS a choisi ce thème pour une exposition virtuelle montrant des œuvres d'art conçues par une artiste bellechassoise, iconographe, qui a vécu à Saint-Damien-de-Buckland. Les images représentées ici sont partielles; on les retrouvera en entier dans la publication mentionnée au bas.
Le mot icône est d'origine grecque : eikôn signifie «image», «portrait». L'icône est apparue vers l'an 1000 à Byzance, en Grèce. À la même époque, une grande partie du peuple russe se convertit au christianisme et de nombreux temples sont construits. Les artistes qui décoraient les églises perfectionnent leur art jusqu'au 15e siècle. Le plus souvent, l'iconographe était un moine qui avait reçu la mission de « faire briller la lumière dans son coeur ».
Au lieu d'être d'abord le fruit d'une intuition ou la traduction d'une impression ou d'une abstraction, l'icône est le fruit d'une tradition qui comporte ses propres règles; elle est une oeuvre longuement méditée, patiemment élaborée, par des générations de peintres maîtrisant l'art bysantin. L'iconographe est l'exécutant d'une oeuvre qui le dépasse et rien de ses états d'âme ni de sa sensualité ne doit transparaître, pas même sa signature.
L'étude du module byzantin du visage permet l'accès au monde idéal et presque abstrait de l'esthétique de l'icône. Les formes sont restructurées en vue de refléter à la fois l'enveloppe matérielle des êtres et aussi leur essence : on emprunte l'apparence humaine et on soumet celle-ci à un système géométrique, rythmique et chromatique particulier, plus apte à suggérer l'intériorité, l'essence spirituelle et divine. Aussi, ne faut-il pas s'étonner que l'icône incite le recueillement, la piété, la prière.
L'art de l'icône, respectant l'espace à deux dimensions du support et refusant ainsi l'illusion du relief et de la profondeur, traite le visage de trois quarts comme une vue frontale. Le visage est comme étiré sur la planche pour s'ouvrir vers le spectateur et rayonner de sa présence.
Les têtes de profil sur les icônes sont rares et maladroitement dessinées. Le profil signifie que le personnage est moins important et souvent même méchant.
Au Québec, l'iconographie trouve son origine dans les années 1970. Une association des iconographes fut fondée en 1993 et un atelier créé en 2002, le Pantocreator à Montréal.
À Saint-Damien-de-Buckland, c'est soeur Jeanne Blais (1920-2018), religieuse de la congrégation des soeurs Notre-Dame du Perpétuel Secours, qui a longtemps gardé bien vivant l'héritage culturel et spirituel de l'icône.
Sources :
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Feu sœur Jeanne Blais, femme, religieuse, iconographe et auteure de prières inspirées d'icônes.
Une icône universelle
L’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours a une histoire merveilleuse. C’est une porte ouverte sur le mystère de la Passion et sur les souffrances de Marie. L’icône a été peinte pour susciter chez les fidèles la prière et l’espérance. Cette icône est connue universellement et vénérée comme image miraculeuse par les Québécois depuis fort longtemps.
Le messager
Saint Michel Archange triompha du dragon, symbole des puissances ennemies de Dieu. Ici, l'art de l'icône traite le visage de trois quarts comme une vue frontale.
Vierge de Vladimir
Cette icône est la plus célèbre des Vierges de Tendresse. Elle se distingue par le bras de l'Enfant autour du cou maternel.
Un geste de mémoire
Dans cette icône, le Christ tient dans sa main gauche le pain de vie et la coupe du salut repose sur la table.
Femme païenne
Cette icône présente la rencontre de Jésus avec une Samaritaine venue chercher de l'eau au puits de Jacob. Cet évènement l'amènera à annoncer la Bonne Nouvelle.
Une icône du 15e siècle
L'archange Michel est reconnu comme un puissant modèle de sainteté. Il porte l'étendard de la croix, emblème du ralliement des anges restés fidèles à Dieu.
Une icône du 12e siècle
La première icône de saint Pierre, le chef des douze apôtres du Christ et porte-parole du groupe, a été réalisée au 4e siècle. Celle-ci remonte au 12e.